Une victoire à fort prix pour l’action politique et la mobilisation citoyenne 15 Août 2017

C’est avec soulagement que plusieurs militant-es, travailleuses et travailleurs communautaires de la région ont accueilli hier l’abandon des accusations criminelles qui pesaient contre l’ex agent politique du RÉPAT, Danik Laporte. Difficile par contre de célébrer ce qui aura causé au final d’immenses tourments, au principal intéressés ainsi qu’à sa famille, mais

Car depuis l’arrestation musclée du 29 avril 2016, journée d’action des «Super-héros de la justice publique», c’est tout le milieu communautaire de l’Abitibi-Témiscamingue qui, dans la peur et le doute, a retenu son souffle. «Nous avons toujours, ainsi que M. Laporte, soutenu que cette arrestation n’étaient pas légitime et surtout d’une incompréhensible violence, mais autant que choquantes, les images qui nous en sont restées nous ont je crois bien, toutes et tous un peu paralysé-es. C’est un dommage irréparable. Car l’action politique, surtout à ce point symbolique et ludique, fait et ce depuis très longtemps partie de la démocratie en action. Elle est une sorte de mécanisme essentiel à l’équilibre d’une société», de dire la présidente du RÉPAT Johannie Marleau-Houle.

L’Action politique est nécessaire et reprendra son cours
Que l’isolement et qu’en amont, les fractures sociales soient à la fois conséquences et causes de la pauvreté est un phénomène avéré, reconnu depuis longtemps. Devant cela, l’action politique, purement citoyenne ou facilitée par des groupes d’éducation populaire, est reconnue par l’État québécois comme un moyen de favoriser l’épanouissement collectif, en d’autres mots, que la société s’invente de façon participative et que ses succès soient collectifs. «En ce sens, ce ne sont pas les actions des groupes populaires qui sont en rupture avec l’État progressiste qu’est le Québec mais les nouvelles volontés politiques à faire taire ces groupes et à ne pas redistribuer la richesse», de dire Bruce Gervais, administrateur du RÉPAT et coordonnateur de l’Alocat.

À ce titre, le RÉPAT entend bien poursuivre sur la voie qu’ont éclairée ces 60 dernières années, des milliers d’intevenant-es, militant-es, travailleuses et travailleurs communautaires d’ici, mais aussi de citoyen-es, de politicien-es. «Cette voie-là, c’est celle de la démocratie toute l’année. Celle de la tribune populaire, celle de la rue, expressive, vraie, diversifiée, où toutes et tous peuvent dire ce qu’ils réclament ou proposent afin de toujours s’approcher de l’équilibre social, du partage des richesses et non du contraire», conclue Adeline Laquerre, nouvelle permanente au RÉPAT.

Le RÉPAT
Super-héros